La promesse des délices du sucre et la crainte du piment occulte. Le contraste est prononcé, à l’image du Bonbon Vodou…
Le Bonbon Vodou, c’est Oriane Lacaille et JereM, deux parfums qui se complètent pour n’en faire qu’un. Elle est issue d’une famille de musiciens Réunionnais, il est fils de… psychiatres Lacaniens. De la France au Canada, en passant par la Réunion, le duo a donné plus de 150 concerts en trois ans.
Le Bonbon Vodou, c’est une confiserie qui, dès les premiers contacts avec les papilles auditives, fait ressentir les pulsations de sa rythmique épurée et pourtant prégnante. Caisse en fer blanc et charley en sac plastique, sur sa batterie en exemplaire unique, Oriane l’a travaillée ; avec sa guitare au corps de bidon d’huile, JereM l’a finement recouverte de mélodies.
Des histoires à deux voix, qui combinent, pétillent et explosent. Des poèmes, du sarcasme, des émotions. Une nostalgie joyeuse, une tristesse festive, à l’image du cimetière marin de la baie de Saint-Paul, île de La Réunion.
Les carrés de terre couverts de fleurs multicolores y ont remplacé les stèles de pierre. Supposé sombre, le lieu fourmille de vie prête à renaître encore et toujours. Une façon de célébrer la fin comme un début, de rire dans la tristesse.
Croqué jusqu’en son centre, c’est là que mène le Bonbon Vodou. Dans ce champ du repos éternel, point de départ de ce deuxième album.
Sur place, c’est entouré de figures musicales de l’île que le duo s’est offert des subtilités gustatives du sega et du mayola. Les notes d’accordéon de René Lacaille, le père d’Oriane, la voix de Danyèl Waro. Mais aussi des percussions – le kayamb évidemment ! – et, dans la tradition locale, le souffle des orchestres en cuivres.
Piers Faccini à la réalisation de plusieurs titres, c’est à Jean Lamoot (Noir Désir, Bashung Salif Keita…) qu’est revenu le travail décisif de l’enregistrement et du mix qui donne au Bonbon Vodou sa saveur définitive, son fondant et son craquant, sa douceur et son acidité.
Le contraste du Bonbon Vaudou forme l’épaisseur de son troisième album, Épopée métèque, au titre paradoxal. Alors que l’épopée évoque les fresques mythologiques et les figures héroïques, on connait du métèque la connotation péjorative et sa réhabilitation dans la chanson de Georges Moustaki : «Avec ma gueule de métèque, de juif errant, de pâtre grec et mes cheveux aux quatre vents…»Et tout conduit sur les routes de l’exil, qu’elles soient terrestres ou maritimes…
A propos de Bonbon Vaudou : Bonbon Vodou | Instagram, Facebook | Linktree